Une longue tradition verrière…

Au-delà du Carmausin, le département du Tarn jouit, depuis le XVe siècle d’une longue tradition verrière, à travers ses verreries forestières de la Grésigne et de la Montagne Noire.

Au XVIIIe siècle apparaît sur le marché une production nouvelle : le « verre brun façon d’Angleterre » plus communément appelé « verre noir » ou « verre à bouteille » en référence aux verreries anglaises, les premières à avoir utilisé la houille au XVIIe siècle.

En 1724, le mariage de François Paul de Solages avec Marie de Ciron Marquise de Carmaux permet à cette famille originaire du Nord Rouergue (précédemment installée au château de Rebourguil situé à proximité de Saint-Affrique) de se fixer à Carmaux. Le couple s’installe sur les terres de l’actuel Domaine de la Verrerie, faisant construire un château cossu.

Le 2 mai 1751 Gabriel de Solages dit « le Chevalier », fils de François Paul de Solages issu d’un précédent mariage, obtient un privilège royal délivré par Louis XV, pour la construction d’une Verrerie. Le 19 décembre 1752 il reçoit en concession les mines de houilles de Carmaux permettant de faire fonctionner la Verrerie, la première à utiliser le charbon comme combustible dans le Sud-ouest et l’une des toutes premières en France. Ces activités minières et verrières continueront avec la Compagnie de Carmaux jusqu’au XXe siècle.

C’est ainsi qu’en 1752, le Chevalier de Solages crée et gère à Carmaux une Verrerie Royale utilisant la houille pour mettre en valeur une partie du charbon extrait des mines. Pour la fabrication des bouteilles en verre noir, il fait appel à des verriers de la Grésigne et du Champenois, hautement qualifiés. Pendant un siècle, la famille de Solages travaille au développement de la Verrerie jusqu’en 1853. La Verrerie est alors mise en location, amodiée en 1856 par Eugène Rességuier, riche marchand de bouteille Toulousain et ceci jusqu’en 1862.
Par souci de rentabilité, Rességuier fait construire à Carmaux en 1862 une seconde verrerie, la Verrerie Sainte-Clotilde, à proximité de la gare (reliant Carmaux à Albi partir de 1857 et à Toulouse à partir de 1864). Deux ans plus tard il fonde la Société anonyme des Verreries de Carmaux (intégrant Sainte-Clotilde et la Verrerie Royale).
La Verrerie Sainte-Clotilde va poursuivre son ascension pendant tout le XIXe jusqu’à atteindre 985 ouvriers en 1895. Ces verriers constituent une corporation ouvrière privilégiée, bénéficiant de salaires élevés. Les verriers carmausins sont en effet les mieux payés de France. A la fin du XIXe - début du XXe siècle, l’empire de Rességuier reposant sur la Société des Verreries de Carmaux, continue son extension en englobant les verreries du Bousquet d’Orb (Hérault), d’Arlac-Mérignac (Gironde), de Saumur (Maine et Loire) et de Cognac (Charente).

A partir de 1884 à la Verrerie Sainte-Clotilde, l’introduction de la mécanisation et de nouveaux procédés permettent d’accroître le potentiel en productivité de celle-ci. Par voie de conséquence ces transformations nécessitent une main d’œuvre moins qualifiée, bouleversant le statut des verriers inchangé depuis des siècles. Ainsi ce corps de métier, formant jusqu’alors une caste privilégiée, voit ses salaires diminuer. Il s’agit de l’une des dernières corporations à avoir été impactées par la Révolution industrielle en France et en Europe. Dans le même temps, les Verreries forestières sont confrontées à cette concurrence qui sera un des facteurs à l’origine de leur déclin.
Dans ce contexte et afin de porter leurs revendications, 300 ouvriers décident de créer en 1890 la Chambre Syndicale des Verriers de Carmaux.

Une longue tradition verrière…

Au-delà du Carmausin, le département du Tarn jouit, depuis le XVe siècle d’une longue tradition verrière, à travers ses verreries forestières de la Grésigne et de la Montagne Noire.

Au XVIIIe siècle apparaît sur le marché une production nouvelle : le « verre brun façon d’Angleterre » plus communément appelé « verre noir » ou « verre à bouteille » en référence aux verreries anglaises, les premières à avoir utilisé la houille au XVIIe siècle.

En 1724, le mariage de François Paul de Solages avec Marie de Ciron Marquise de Carmaux permet à cette famille originaire du Nord Rouergue (précédemment installée au château de Rebourguil situé à proximité de Saint-Affrique) de se fixer à Carmaux. Le couple s’installe sur les terres de l’actuel Domaine de la Verrerie, faisant construire un château cossu.

Le 2 mai 1751 Gabriel de Solages dit « le Chevalier », fils de François Paul de Solages issu d’un précédent mariage, obtient un privilège royal délivré par Louis XV, pour la construction d’une Verrerie. Le 19 décembre 1752 il reçoit en concession les mines de houilles de Carmaux permettant de faire fonctionner la Verrerie, la première à utiliser le charbon comme combustible dans le Sud-ouest et l’une des toutes premières en France. Ces activités minières et verrières continueront avec la Compagnie de Carmaux jusqu’au XXe siècle.

C’est ainsi qu’en 1752, le Chevalier de Solages crée et gère à Carmaux une Verrerie Royale utilisant la houille pour mettre en valeur une partie du charbon extrait des mines. Pour la fabrication des bouteilles en verre noir, il fait appel à des verriers de la Grésigne et du Champenois, hautement qualifiés. Pendant un siècle, la famille de Solages travaille au développement de la Verrerie jusqu’en 1853. La Verrerie est alors mise en location, amodiée en 1856 par Eugène Rességuier, riche marchand de bouteille Toulousain et ceci jusqu’en 1862.
Par souci de rentabilité, Rességuier fait construire à Carmaux en 1862 une seconde verrerie, la Verrerie Sainte-Clotilde, à proximité de la gare (reliant Carmaux à Albi partir de 1857 et à Toulouse à partir de 1864). Deux ans plus tard il fonde la Société anonyme des Verreries de Carmaux (intégrant Sainte-Clotilde et la Verrerie Royale).
La Verrerie Sainte-Clotilde va poursuivre son ascension pendant tout le XIXe jusqu’à atteindre 985 ouvriers en 1895. Ces verriers constituent une corporation ouvrière privilégiée, bénéficiant de salaires élevés. Les verriers carmausins sont en effet les mieux payés de France. A la fin du XIXe - début du XXe siècle, l’empire de Rességuier reposant sur la Société des Verreries de Carmaux, continue son extension en englobant les verreries du Bousquet d’Orb (Hérault), d’Arlac-Mérignac (Gironde), de Saumur (Maine et Loire) et de Cognac (Charente).

A partir de 1884 à la Verrerie Sainte-Clotilde, l’introduction de la mécanisation et de nouveaux procédés permettent d’accroître le potentiel en productivité de celle-ci. Par voie de conséquence ces transformations nécessitent une main d’œuvre moins qualifiée, bouleversant le statut des verriers inchangé depuis des siècles. Ainsi ce corps de métier, formant jusqu’alors une caste privilégiée, voit ses salaires diminuer. Il s’agit de l’une des dernières corporations à avoir été impactées par la Révolution industrielle en France et en Europe. Dans le même temps, les Verreries forestières sont confrontées à cette concurrence qui sera un des facteurs à l’origine de leur déclin.
Dans ce contexte et afin de porter leurs revendications, 300 ouvriers décident de créer en 1890 la Chambre Syndicale des Verriers de Carmaux.