La grève de 1895

La Grève de 1895, une des plus grandes luttes syndicales et politiques du XIXe siècle* :

En 1895, la mise à pied de l’ouvrier syndiqué Jean dit Marien Baudot, pour motif d’absences répétées (notamment après avoir assisté à un Congrès des verriers à Marseille), entraîne une grève générale des verriers pendant 4 mois ayant de grandes conséquences pour le mouvement ouvrier en France.
Si la fin du XIXe siècle est marquée par un climat de tensions dans le Carmausin, comme l’illustre l’incendie du Château de la Verrerie le 1er avril 1895, cette période annonce également un rapprochement entre les deux grands corps de métier composant le prolétariat Carmausin : les mineurs ainsi que les verriers, voués à lutter ensemble contre les stratégies politiques et économiques du patronat.

La grève des verriers de Carmaux, est à double tranchant pour ces derniers car elle constitue malgré eux une opportunité pour Eugène Rességuier, le patron, de mener à dessein des projets économiques, politiques et idéologiques. Ce contexte est original car rares à l’époque sont les cas où une grève ouvrière est instrumentalisée de la sorte par le patronnat. Seul Jean Jaurès, réélu député de Carmaux le 20 août 1893, perçoit la fine stratégie de l’entrepreneur toulousain visant notamment à discréditer les verriers en les poussant à la faute. En réponse à cela, le député Jaurès incite les verriers à reprendre le travail afin qu’ils ne tombent pas dans le piège et contraindre Eugène Rességuier à dévoiler sa stratégie. C’est ce que font les ouvriers acceptant également de payer de leurs poches les salaires des mis à pied. Mais Rességuier refuse leur retour et impose le lock-out, mettant 1200 ouvriers au chômage. Cela devient une grève du patron cherchant à affamer les grévistes pour mieux se réserver le droit de choisir les ouvriers qu’il reprendra lors de la réouverture de l’usine, excluant explicitement les syndicalistes et socialistes carmausins. Ce sera annoncé le 7 août 1895 par voie d’affiche. Jean Jaurès demande l’arbitrage du gouvernement à la Chambre des Députés, en vain.
Deux semaines plus tard, Eugène Rességuier entreprend la réouverture de la Verrerie. Afin de diviser les syndicalistes socialistes, le patron procède à un recrutement individuel, dans le Carmausin, couplé à un appel de candidature dans la France entière. Mais les verriers restent solidaires et au 15 octobre, seuls 8 souffleurs ont accepté de reprendre le travail. Seul un four a pu être rallumé à la fin du mois de septembre.

Si quelques verriers sont repris dans les effectifs de la Verrerie Sainte-Clotilde, la majorité en 1895, se retrouve sans travail, et donc dans l’incapacité de subvenir aux besoins de leur famille. Dans ce contexte, le 26 octobre 1896, sous l’impulsion de Jean Jaurès, la Verrerie Ouvrière d’Albi (VOA) est créée grâce aux fonds levés par le biais d’une souscription nationale : Un établissement érigé par Jaurès comme symbole, dédié à l’ensemble du prolétariat français.

Mais quelles sont les raisons qui ont poussé un patron à vouloir une grève ?
Les intérêts que voulait en retirer Rességuier sont de nature économique, idéologique et politique.

* Jean Pierre Izard « Jaurès et la grève des verriers »

La grève de 1895

La Grève de 1895, une des plus grandes luttes syndicales et politiques du XIXe siècle* :

En 1895, la mise à pied de l’ouvrier syndiqué Jean dit Marien Baudot, pour motif d’absences répétées (notamment après avoir assisté à un Congrès des verriers à Marseille), entraîne une grève générale des verriers pendant 4 mois ayant de grandes conséquences pour le mouvement ouvrier en France.
Si la fin du XIXe siècle est marquée par un climat de tensions dans le Carmausin, comme l’illustre l’incendie du Château de la Verrerie le 1er avril 1895, cette période annonce également un rapprochement entre les deux grands corps de métier composant le prolétariat Carmausin : les mineurs ainsi que les verriers, voués à lutter ensemble contre les stratégies politiques et économiques du patronat.

La grève des verriers de Carmaux, est à double tranchant pour ces derniers car elle constitue malgré eux une opportunité pour Eugène Rességuier, le patron, de mener à dessein des projets économiques, politiques et idéologiques. Ce contexte est original car rares à l’époque sont les cas où une grève ouvrière est instrumentalisée de la sorte par le patronnat. Seul Jean Jaurès, réélu député de Carmaux le 20 août 1893, perçoit la fine stratégie de l’entrepreneur toulousain visant notamment à discréditer les verriers en les poussant à la faute. En réponse à cela, le député Jaurès incite les verriers à reprendre le travail afin qu’ils ne tombent pas dans le piège et contraindre Eugène Rességuier à dévoiler sa stratégie. C’est ce que font les ouvriers acceptant également de payer de leurs poches les salaires des mis à pied. Mais Rességuier refuse leur retour et impose le lock-out, mettant 1200 ouvriers au chômage. Cela devient une grève du patron cherchant à affamer les grévistes pour mieux se réserver le droit de choisir les ouvriers qu’il reprendra lors de la réouverture de l’usine, excluant explicitement les syndicalistes et socialistes carmausins. Ce sera annoncé le 7 août 1895 par voie d’affiche. Jean Jaurès demande l’arbitrage du gouvernement à la Chambre des Députés, en vain.
Deux semaines plus tard, Eugène Rességuier entreprend la réouverture de la Verrerie. Afin de diviser les syndicalistes socialistes, le patron procède à un recrutement individuel, dans le Carmausin, couplé à un appel de candidature dans la France entière. Mais les verriers restent solidaires et au 15 octobre, seuls 8 souffleurs ont accepté de reprendre le travail. Seul un four a pu être rallumé à la fin du mois de septembre.

Si quelques verriers sont repris dans les effectifs de la Verrerie Sainte-Clotilde, la majorité en 1895, se retrouve sans travail, et donc dans l’incapacité de subvenir aux besoins de leur famille. Dans ce contexte, le 26 octobre 1896, sous l’impulsion de Jean Jaurès, la Verrerie Ouvrière d’Albi (VOA) est créée grâce aux fonds levés par le biais d’une souscription nationale : Un établissement érigé par Jaurès comme symbole, dédié à l’ensemble du prolétariat français.

Mais quelles sont les raisons qui ont poussé un patron à vouloir une grève ?
Les intérêts que voulait en retirer Rességuier sont de nature économique, idéologique et politique.

* Jean Pierre Izard « Jaurès et la grève des verriers »