Projet Ville(s) invisible(s) de Philippe Garenc

Le 5 juillet dernier, les membres du jury du Prix de la jeune création du verre français se sont réunis sous la présidence de Didier Somen, Président de la 3CS, pour examiner les 15 candidatures reçues par le Musée/Centre d’art du verre. Les représentants des principales institutions dans le domaine du verre étaient présents : Jean-Luc Olivié du Musée des Arts décoratifs de Paris, Isabelle Reiher du CIRVA de Marseille, Eric Louet du Musée du verre de Conches-en-Ouche, Anne Vanlatum du MusVerre de Sars-Poteries, Yann Grienenberger du CIAV de Meisenthal, Yan Zoritchak, artiste verrier, Monique Caste-Debar, Vice-Présidente de la 3CS chargée de la Culture et Laurent Subra, directeur du Musée/Centre d’art du Verre de Carmaux.
C’est le projet de Philippe Garenc, « Ville(s) invisible(s) », qui a été retenu à l’unanimité. Artiste plasticien, il est diplômé du CERFAV (Centre Européen de Recherche et de Formation aux Arts Verriers) de Vannes-le-Châtel, où il a par la suite enseigné et y a piloté le Glass Fablab. Depuis 2009, les recherches plastiques de Philippe Garenc portent sur la création digitale et le verre ou comment le modelage numérique et l’impression 3D peuvent intégrer les contraintes de la matière verre. Dans son projet « Ville(s) invisible(s) », il imagine des architectures miniatures dont la précision est rendue possible par l’outil numérique, au-delà de ce qu’il est possible de réaliser à la main. Une micro-cité imaginaire, inspirée par les formes architecturales antiques, mais aussi en hommage aux formes utopiques des villes décrites dans le livre du même nom d’Italo Calvino.
Philippe Garenc a donc une année pour réaliser son projet. Le résultat sera présenté lors de la prochaine édition de la Biennale des Verriers à Carmaux en octobre 2019. Les différentes étapes de la réalisation seront à découvrir sur cette page.
Les membres du jury ont souhaité adresser une mention spéciale à deux projets qui ont particulièrement retenu leur attention, celui de Célia Pascaud et celui d’Anaïs Dunn.

Acte 1 : l’alphabet

D’un livre à un autre
D’une couche à une autre
D’une histoire à une maison
De bas en haut
De l’octet à l’atome
De la Terre au Ciel
De l’Homme à l’Enfant
De la cabane à l’Architecture
Du virtuel au cristal
De la feuille au plomb
De l’écran à la page.

Cette photographie représente le champ littéraire, iconographique et technique de Ville(s) invisible(s). C’est une image qui essaie d’intégrer toutes les sources d’inspiration du projet, l’alphabet dans lequel l’artiste puise son propre langage. Chaque micro-architecture est la résultante de la rencontre d’un sentiment et d’une expérience sensible et plastique des médias. Modélisation informatique tridimensionnelle, impression 3D, analyse et recommencement. Le coulage par gravité – en verre – de la sculpture, objectif final, ne peut réussir sans avoir pensé les chemins de l’écoulement, les rapports de masses chaudes, le refroidissement.
Ville(s) invisible(s) s’insère dans un parcours artistique personnel, épris de romantisme et de perfectionnisme. Ces villes perchées sur leurs rochers, où bâti et nature se confondent ne sont là que pour nous rappeler l’ordre du monde, celui qui nous a fait et que nous avons défait et sommes en passe de refaire. La solitude, le silence, l’espace sont propices à la création, à l’introspection. Ville(s) invisible(s) ne se veut pas criarde mais plutôt sourde, vide des corps mais pleine d’âmes. Diaphane, fragile, pouvant apparaître et disparaître au gré de la lumière, elle est l’espace des rêves.

Acte 2 : la machine

Du dessin à la machine
De l’inspiration à l’impression 3D
Philippe Garenc utilise un procédé de création qui s’appuie à la fois sur les médiums traditionnels du dessin et de la sculpture tels que la terre, le plâtre ou la cire - ces matériaux sont très utilisés dans les arts du verre depuis longtemps - et les médias numériques.
Ici, des dessins de l’artiste à l’encre de Chine sur papier de mûrier :

JPEG - 394.2 ko
Encres Ville(s) invisible(s)
Encre de chine sur papier de mûrier
JPEG - 380.4 ko
Encres Ville(s) invisible(s)
Encre de chine sur papier de mûrier
JPEG - 270.1 ko
Encres Ville(s) invisible(s)
Encre de chine sur papier de mûrier

Autre source d’inspiration, le livre « Italie » avec des photographies de Martin Hurlimann :

JPEG - 481.1 ko
Italia
Photographie directe du livre "Italia"
JPEG - 504.2 ko
Italia
Photographie directe du livre "Italia"

Pour Ville(s) invisible(s), tout le procédé s’appuie sur la chaîne numérique qui permet de passer de la modélisation 3D sur ordinateur à l’impression 3D des modèles.
Ensuite, l’artiste retourne à un procédé manuel de moulage : les maîtres-modèles issus des impressions 3D seront enduits de plâtre réfractaire, puis brûlés et enfin remplacés par coulées du cristal.

Attardons-nous pour le moment à cette phase de fabrication assurée par la machine : le type d’impression 3D utilisé ici consiste en un dépôt de fil plastique dégradable. Il faut imaginer que le modèle 3D est tranché horizontalement par un programme informatique, en couches très fines (0.1mm). L’ensemble de ces « images » est compilé dans fichier .gcode. Une fois ces instructions transmises à la machine, chaque tranche est déposée par la buse chauffante mobile extrudant le plastique à 200°C, en les superposant. La machine est alimentée par une bobine de plastique d’environ 1kg, se dévidant à l’arrière. Suivant la taille du modèle, la fabrication peut prendre plusieurs heures jusqu’à deux journées non-stop.

JPEG - 418.5 ko
3D printing Ville(s) invisible(s), vue d’ensemble
Procédé d’impression 3D par dépôt de fil plastique chaud
JPEG - 311.9 ko
Impression 3D Ville(s) invisible(s), détails
Impression 3D par dépôt de fil plastique chaud
JPEG - 314.6 ko
3D printing Ville(s) invisible(s), vue d’ensemble
Procédé d’impression 3D par dépôt de fil plastique chaud
JPEG - 161.8 ko
3D printing Ville(s) invisible(s), vue d’ensemble
Procédé d’impression 3D par dépôt de fil plastique chaud
JPEG - 291.1 ko
Olympia terre Ville(s) invisible(s), détails
Terre, impression 3D plastique
JPEG - 327.8 ko
Olympia terre Ville(s) invisible(s), détails
Terre, impression 3D plastique
JPEG - 236.4 ko
Vesta verre Ville(s) invisible(s), détails
Verre coulé par gravité dans un moule
JPEG - 266.1 ko
Vesta verre Ville(s) invisible(s), détails
Verre coulé par gravité dans un moule

Acte 3

Quelques images de l’avancée du Projet de Philippe Garenc, Ville(s) invisible(s) :

JPEG - 262.6 ko
Philippe Garenc préparant les moules
JPEG - 182 ko
Ville(s) invisible(s), les moules
JPEG - 263 ko
Ville(s) invisible(s), les moules
JPEG - 231.6 ko
Ville(s) invisible(s), les moules
JPEG - 251.2 ko
ville(s) invisible(s), cabots de cristal insérés dans les réserves d’alimentation des moules
JPEG - 375.7 ko
Ville(s) invisible(s), enfournement

Projet Ville(s) invisible(s) de Philippe Garenc

Le 5 juillet dernier, les membres du jury du Prix de la jeune création du verre français se sont réunis sous la présidence de Didier Somen, Président de la 3CS, pour examiner les 15 candidatures reçues par le Musée/Centre d’art du verre. Les représentants des principales institutions dans le domaine du verre étaient présents : Jean-Luc Olivié du Musée des Arts décoratifs de Paris, Isabelle Reiher du CIRVA de Marseille, Eric Louet du Musée du verre de Conches-en-Ouche, Anne Vanlatum du MusVerre de Sars-Poteries, Yann Grienenberger du CIAV de Meisenthal, Yan Zoritchak, artiste verrier, Monique Caste-Debar, Vice-Présidente de la 3CS chargée de la Culture et Laurent Subra, directeur du Musée/Centre d’art du Verre de Carmaux.
C’est le projet de Philippe Garenc, « Ville(s) invisible(s) », qui a été retenu à l’unanimité. Artiste plasticien, il est diplômé du CERFAV (Centre Européen de Recherche et de Formation aux Arts Verriers) de Vannes-le-Châtel, où il a par la suite enseigné et y a piloté le Glass Fablab. Depuis 2009, les recherches plastiques de Philippe Garenc portent sur la création digitale et le verre ou comment le modelage numérique et l’impression 3D peuvent intégrer les contraintes de la matière verre. Dans son projet « Ville(s) invisible(s) », il imagine des architectures miniatures dont la précision est rendue possible par l’outil numérique, au-delà de ce qu’il est possible de réaliser à la main. Une micro-cité imaginaire, inspirée par les formes architecturales antiques, mais aussi en hommage aux formes utopiques des villes décrites dans le livre du même nom d’Italo Calvino.
Philippe Garenc a donc une année pour réaliser son projet. Le résultat sera présenté lors de la prochaine édition de la Biennale des Verriers à Carmaux en octobre 2019. Les différentes étapes de la réalisation seront à découvrir sur cette page.
Les membres du jury ont souhaité adresser une mention spéciale à deux projets qui ont particulièrement retenu leur attention, celui de Célia Pascaud et celui d’Anaïs Dunn.

Acte 1 : l’alphabet

D’un livre à un autre
D’une couche à une autre
D’une histoire à une maison
De bas en haut
De l’octet à l’atome
De la Terre au Ciel
De l’Homme à l’Enfant
De la cabane à l’Architecture
Du virtuel au cristal
De la feuille au plomb
De l’écran à la page.

Cette photographie représente le champ littéraire, iconographique et technique de Ville(s) invisible(s). C’est une image qui essaie d’intégrer toutes les sources d’inspiration du projet, l’alphabet dans lequel l’artiste puise son propre langage. Chaque micro-architecture est la résultante de la rencontre d’un sentiment et d’une expérience sensible et plastique des médias. Modélisation informatique tridimensionnelle, impression 3D, analyse et recommencement. Le coulage par gravité – en verre – de la sculpture, objectif final, ne peut réussir sans avoir pensé les chemins de l’écoulement, les rapports de masses chaudes, le refroidissement.
Ville(s) invisible(s) s’insère dans un parcours artistique personnel, épris de romantisme et de perfectionnisme. Ces villes perchées sur leurs rochers, où bâti et nature se confondent ne sont là que pour nous rappeler l’ordre du monde, celui qui nous a fait et que nous avons défait et sommes en passe de refaire. La solitude, le silence, l’espace sont propices à la création, à l’introspection. Ville(s) invisible(s) ne se veut pas criarde mais plutôt sourde, vide des corps mais pleine d’âmes. Diaphane, fragile, pouvant apparaître et disparaître au gré de la lumière, elle est l’espace des rêves.

Acte 2 : la machine

Du dessin à la machine
De l’inspiration à l’impression 3D
Philippe Garenc utilise un procédé de création qui s’appuie à la fois sur les médiums traditionnels du dessin et de la sculpture tels que la terre, le plâtre ou la cire - ces matériaux sont très utilisés dans les arts du verre depuis longtemps - et les médias numériques.
Ici, des dessins de l’artiste à l’encre de Chine sur papier de mûrier :

JPEG - 394.2 ko
Encres Ville(s) invisible(s)
Encre de chine sur papier de mûrier
JPEG - 380.4 ko
Encres Ville(s) invisible(s)
Encre de chine sur papier de mûrier
JPEG - 270.1 ko
Encres Ville(s) invisible(s)
Encre de chine sur papier de mûrier

Autre source d’inspiration, le livre « Italie » avec des photographies de Martin Hurlimann :

JPEG - 481.1 ko
Italia
Photographie directe du livre "Italia"
JPEG - 504.2 ko
Italia
Photographie directe du livre "Italia"

Pour Ville(s) invisible(s), tout le procédé s’appuie sur la chaîne numérique qui permet de passer de la modélisation 3D sur ordinateur à l’impression 3D des modèles.
Ensuite, l’artiste retourne à un procédé manuel de moulage : les maîtres-modèles issus des impressions 3D seront enduits de plâtre réfractaire, puis brûlés et enfin remplacés par coulées du cristal.

Attardons-nous pour le moment à cette phase de fabrication assurée par la machine : le type d’impression 3D utilisé ici consiste en un dépôt de fil plastique dégradable. Il faut imaginer que le modèle 3D est tranché horizontalement par un programme informatique, en couches très fines (0.1mm). L’ensemble de ces « images » est compilé dans fichier .gcode. Une fois ces instructions transmises à la machine, chaque tranche est déposée par la buse chauffante mobile extrudant le plastique à 200°C, en les superposant. La machine est alimentée par une bobine de plastique d’environ 1kg, se dévidant à l’arrière. Suivant la taille du modèle, la fabrication peut prendre plusieurs heures jusqu’à deux journées non-stop.

JPEG - 418.5 ko
3D printing Ville(s) invisible(s), vue d’ensemble
Procédé d’impression 3D par dépôt de fil plastique chaud
JPEG - 311.9 ko
Impression 3D Ville(s) invisible(s), détails
Impression 3D par dépôt de fil plastique chaud
JPEG - 314.6 ko
3D printing Ville(s) invisible(s), vue d’ensemble
Procédé d’impression 3D par dépôt de fil plastique chaud
JPEG - 161.8 ko
3D printing Ville(s) invisible(s), vue d’ensemble
Procédé d’impression 3D par dépôt de fil plastique chaud
JPEG - 291.1 ko
Olympia terre Ville(s) invisible(s), détails
Terre, impression 3D plastique
JPEG - 327.8 ko
Olympia terre Ville(s) invisible(s), détails
Terre, impression 3D plastique
JPEG - 236.4 ko
Vesta verre Ville(s) invisible(s), détails
Verre coulé par gravité dans un moule
JPEG - 266.1 ko
Vesta verre Ville(s) invisible(s), détails
Verre coulé par gravité dans un moule

Acte 3

Quelques images de l’avancée du Projet de Philippe Garenc, Ville(s) invisible(s) :

JPEG - 262.6 ko
Philippe Garenc préparant les moules
JPEG - 182 ko
Ville(s) invisible(s), les moules
JPEG - 263 ko
Ville(s) invisible(s), les moules
JPEG - 231.6 ko
Ville(s) invisible(s), les moules
JPEG - 251.2 ko
ville(s) invisible(s), cabots de cristal insérés dans les réserves d’alimentation des moules
JPEG - 375.7 ko
Ville(s) invisible(s), enfournement